Rép Démocratique du Congo / Kinshasa
Célébration de la journée des Droits de l’Homme

A l’occasion de la célébration, lundi 10 décembre 2007, du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Journaliste en danger (JED), organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de la presse basée à Kinshasa en République Démocratique du Congo, a lancé un nouvel appel à la réouverture d’une trentaine de chaînes de radios et Télévisions interdites à Kinshasa depuis près de deux mois. « Le Gouvernement ne fait rien pour décanter cette situation grave ; et le Parlement regarde ailleurs face au calvaire des hommes et des femmes de ces médias contraints au chômage et livrés à la mendicité », a dit le Secrétaire Général de JED, Tshivis Tshivuadi, lors d’une conférence de presse de présentation d’un rapport sur l’état de la liberté de la presse en République Démocratique du Congo, une année après les élections et l’installation des nouvelles institutions dites démocratiques.
Dans son rapport, JED constate une augmentation sensible de 30% des actes de violence contre les médias et contre les journalistes dont deux ont été assassinés à l’Est du pays au cours de l’année 2007. JED note également que 90% des cas de menaces, d’attaques ou de violences contre les journalistes et les médias sont les faits des éléments des forces armées, de la police ou des services de sécurité.
« La situation générale de la presse et des médias est préoccupante, non seulement en raison de la précarité des organes de presse contraints de jouer aux caisses de résonnance des thèses officielles pour continuer à survivre, mais aussi à cause de la mort programmée de quelques médias qui dérangent et qui d’ores et déjà ont été réduits au silence », a encore dit le Secrétaire Général de JED, avant d’appeler à des reformes urgentes du cadre juridique de l’exercice de la liberté de la presse, et à la mise sur pied d’un Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (organe de régulation) véritablement indépendante du Ministère de la communication et des médias.
Pour rappel, de 38 entreprises audiovisuelles émettant à Kinshasa, dont 22 chaînes de télévision et 16 stations de radio sont fermées depuis le 20 octobre 2007 sur une décision de l’ancien ministre de l’Information Toussaint TSHILOMBO SEND. Le ministre a justifié sa décision en évoquant, d’une part, le soucis d’assainissement de l’espace médiatique exprimé par le gouvernement, au lendemain des affrontements sanglants du mois de mars 2007, à Kinshasa, entre la garde du président de la république, Joseph Kabila, et celle de l’opposant Jean-Pierre BEMBA. Plus concrètement, le ministre a évoqué l’absence, dans les dossiers respectifs de ces entreprises, de la licence d’exploitation, du récépissé (délivré par son ministère) et des preuves de paiement des taxes administratives auxquelles sont assujetties ces organes de presse. Mais, dès le lendemain de cette mesure controversée, la plupart des chaînes incriminées ont dénoncées une décision arbitraire en brandissant les documents et preuves qu’on leur réclamait. D’autres qui avaient des dossiers incomplets ont régularisé, depuis, leurs situations administratives ou fiscales, mais leur signal d’émission reste coupé.












